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today29/07/2026
Sais-tu que tu peux choisir ta spécialité universitaire selon ton profil ? Il n’existe pas de filière universellement « bonne ». Il existe des filières qui correspondent à un profil, un rythme de travail, des ambitions précises — et d’autres qui ne correspondent qu’à la pression du moment.
En Tunisie, la majorité des étudiants choisissent leur spécialité universitaire en moins de 48 heures après la publication des résultats du bac, souvent sans méthode, parfois sans information fiable.
Ainsi, le taux de redoublement en première année universitaire dépasse les 40 % dans certaines facultés. Ceci est en partie la conséquence directe de ces choix précipités. Choisir sa spécialité universitaire Tunisie mérite mieux qu’une décision prise sous stress. Voici comment s’y prendre.
Avant même d’ouvrir un catalogue de filières, la première étape est intérieure : qu’est-ce que vous faites bien, naturellement, sans effort perçu ? Les aptitudes ne se résument pas aux notes. Un étudiant qui obtient 12/20 en mathématiques mais qui résout des problèmes complexes avec méthode et plaisir a un profil très différent de celui qui obtient 16/20 par mémorisation sans vraiment comprendre les mécanismes.
Le conseil d’orientation étudiant le plus sous-utilisé en Tunisie reste l’autoévaluation structurée. Concrètement, cela consiste à dresser trois listes : les matières dans lesquelles vous avancez facilement, les tâches que vous effectuez spontanément (organiser, convaincre, analyser, créer, résoudre), et les environnements de travail dans lesquels vous vous sentez efficaces (seul, en équipe, en mouvement, devant un écran). Ces trois listes, croisées avec les réalités du marché de l’emploi tunisien, donnent une base solide pour orienter un choix.
Il faut aussi accepter une vérité inconfortable : certaines aptitudes ne se manifestent pas encore à 18 ans. Le système tunisien pousse à des choix définitifs très tôt, alors que des pays comme l’Allemagne ou le Canada intègrent des années d’exploration professionnelle avant la spécialisation. En l’absence de ce luxe, la meilleure stratégie reste de choisir une filière suffisamment large pour permettre une spécialisation progressive — et de ne pas confondre l’intérêt pour un sujet avec la capacité à en faire un métier.
L’orientation scolaire Tunisie dispose de ressources officielles, encore trop peu connues des familles. Le ministère de l’Enseignement supérieur met à disposition des outils numériques d’aide à l’orientation, accessibles avant et après les résultats du bac. Ces plateformes permettent de simuler des choix de filières en fonction du baccalauréat obtenu, des moyennes et des régions d’affectation.
Au-delà des outils numériques, les centres de conseil et d’orientation (CCOE) présents dans plusieurs villes tunisiennes proposent des entretiens individuels avec des conseillers spécialisés. Ces services sont gratuits et sous-utilisés — beaucoup d’étudiants ignorent même leur existence. Un entretien d’une heure avec un conseiller compétent vaut souvent mieux que des heures passées à lire des avis contradictoires sur les réseaux sociaux.
Le test d’orientation Tunisie le plus répandu reste le test d’intérêts professionnels, inspiré des travaux de Holland, qui classe les profils en six grandes catégories (Réaliste, Investigateur, Artistique, Social, Entrepreneurial, Conventionnel). Ces tests ne décident pas à votre place — ils confirment ou infirment des intuitions, et permettent d’entamer une conversation plus informée avec un conseiller ou un professionnel du secteur visé.
Les forums des grandes écoles, les journées portes ouvertes et les rencontres avec des étudiants en deuxième ou troisième année restent également des sources d’information irremplaçables. Rencontrer quelqu’un qui vit la filière de l’intérieur — avec ses contraintes réelles, ses rythmes, ses frustrations autant que ses satisfactions — est infiniment plus utile que la brochure officielle.
Choisir uniquement selon sa passion est risqué. Choisir uniquement selon le marché est épuisant. La zone de cohérence se trouve à l’intersection des deux — et c’est là que les trajectoires professionnelles durables se construisent.
Prenons un exemple concret. Un étudiant tunisien passionné par l’écriture et la communication a plusieurs options réalistes devant lui : journalisme, communication d’entreprise, marketing de contenu, traduction, droit des médias. Certaines de ces voies mènent plus directement à l’emploi que d’autres en Tunisie aujourd’hui.
Le journalisme, malgré sa noblesse, traverse une période de contraction économique dans les médias traditionnels. Le marketing digital, en revanche, recrute activement, y compris pour des profils qui savent rédiger et structurer un message. Ce n’est pas trahir sa passion que de choisir la voie qui lui donnera une expression professionnelle viable.
L’alignement passion-compétences-marché se construit aussi dans le temps. Beaucoup d’étudiants tunisiens qui ont suivi des filières techniques ont découvert en cours de route un intérêt pour la gestion ou la communication — et ont su capitaliser sur cette double compétence pour se démarquer sur le marché. La spécialité universitaire ouvre une porte ; elle ne ferme pas toutes les autres.
Sans prétendre à une représentativité statistique, les conseillers en orientation qui travaillent avec des étudiants tunisiens identifient régulièrement trois profils récurrents qui illustrent les erreurs à éviter.
Le premier profil est celui de l’étudiant « par procuration » : il a choisi médecine ou ingénierie parce que ses parents le lui ont demandé, sans conviction personnelle. Il décroche dès la première année, pas par manque d’intelligence, mais par manque de motivation intrinsèque. Le signal d’alerte : il n’arrive pas à articuler pourquoi il veut faire cette filière sans mentionner l’avis de sa famille.
Le deuxième profil est celui de l’étudiant « pragmatique sans boussole » : il a choisi la filière réputée offrir les meilleurs salaires, sans s’assurer qu’il possédait les aptitudes requises. Il avance, mais avec un effort constant et peu de satisfaction. Le signal d’alerte : il parle de ses études comme d’une obligation, jamais comme d’un investissement qui lui appartient.
Le troisième profil, plus rare mais plus solide, est celui de l’étudiant qui a pris le temps de s’informer, de rencontrer des professionnels du secteur visé, et qui a accepté de remettre en question ses premières intuitions. Il ne sait pas toujours exactement où il va — mais il sait pourquoi il a choisi ce chemin.
Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique publie chaque année un guide de l’orientation universitaire qui recense l’ensemble des filières disponibles dans le réseau public, les conditions d’accès et les capacités d’accueil par établissement. C’est le document de référence, à consulter avant toute décision.
Les CCOE (Centres de Conseil et d’Orientation des Étudiants) présents dans les cités universitaires et certaines facultés proposent des consultations individuelles gratuites. Il est conseillé de prendre rendez-vous dès le mois de mai, avant la période de stress post-bac, pour bénéficier d’un accompagnement plus serein.
Enfin, les associations étudiantes actives dans les universités tunisiennes organisent régulièrement des journées d’orientation inter-filières, souvent plus accessibles et moins formelles que les dispositifs officiels. Ces espaces permettent un échange direct avec des étudiants et jeunes diplômés — une source d’information précieuse que les familles ont tendance à sous-estimer.
Il n’existe pas de test d’orientation unique et obligatoire en Tunisie. Cependant, les Centres de Conseil et d’Orientation des Étudiants (CCOE) proposent des tests d’intérêts professionnels et d’aptitudes dans le cadre de consultations gratuites. Ces tests ne constituent pas une prescription — ils sont un point de départ pour une réflexion plus structurée.
Trois indicateurs fiables : est-ce que vous trouvez naturellement du plaisir à travailler les matières de cette filière, même sans obligation externe ? Est-ce que vous pouvez imaginer exercer un métier issu de cette filière pendant dix ans ? Et enfin — avez-vous rencontré au moins un professionnel qui exerce ce métier et dont le quotidien vous a convaincu plutôt que découragé ? Si les trois réponses sont oui, la direction est probablement bonne.
Écrit par: Seddik Dimassi