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today18/08/2026
Créer juridiquement une startup en Tunisie permet au projet de signer des contrats, d’émettre des factures, de recruter, d’ouvrir son capital et d’exercer son activité en toute conformité réglementaire.
La procédure ne se limite toutefois pas à l’immatriculation au Registre national des entreprises. Elle implique de choisir une forme juridique, de vérifier les conditions applicables à l’activité, de réserver une dénomination, de déterminer le siège, de rédiger les statuts et d’accomplir les formalités fiscales et administratives correspondantes.
Ce guide se concentre exclusivement sur la constitution juridique de la société. La validation du marché, le développement du produit et la recherche des premiers clients sont traités dans notre guide consacré aux étapes de création d’une startup en Tunisie.
La constitution juridique permet de créer et d’immatriculer la société. Le label Startup est une reconnaissance distincte accordée aux sociétés qui respectent les critères prévus par le Startup Act.
Une société peut donc être constituée et exercer légalement sans avoir obtenu ce label. Les critères, le pré-label et les avantages sont présentés dans notre article consacré à la Startup Act en Tunisie.
La SUARL et la SARL figurent parmi les formes juridiques les plus couramment envisagées pour créer une jeune entreprise. La SA peut également être retenue pour des projets nécessitant une gouvernance ou une structure actionnariale plus développée.
| Forme |
Nombre d’associés |
Utilisation générale |
| SUARL |
1 associé |
Projet porté par une seule personne |
| SARL |
2 à 50 associés |
Projet réunissant plusieurs associés |
| SA |
Au moins 7 actionnaires |
Projet nécessitant une gouvernance et des mécanismes de financement plus complexes. |
La société unipersonnelle à responsabilité limitée est constituée par un associé unique. Elle permet de créer une personne morale distincte de son fondateur et d’organiser séparément le patrimoine et les opérations de l’entreprise.
La responsabilité de l’associé est, en principe, limitée à son apport. Cette protection n’est toutefois pas absolue, notamment en présence d’une faute de gestion, d’une confusion entre les patrimoines ou d’une garantie personnelle accordée à une banque ou à un créancier.
La société à responsabilité limitée convient aux projets réunissant plusieurs associés . Les statuts doivent déterminer la répartition du capital, les pouvoirs du gérant, les règles de décision et les conditions de cession des parts.
Cette forme relativement encadrée peut convenir à une équipe fondatrice stable. Les fondateurs doivent cependant anticiper l’entrée future d’investisseurs et s’assurer que les dispositions statutaires ne compliquent pas inutilement les opérations sur le capital.
La société anonyme peut convenir à un projet nécessitant un actionnariat ou une gouvernance plus développés. Elle exige au moins sept actionnaires. Conformément à l’article 161 du Code des sociétés commerciales, son capital ne peut être inférieur à 5 000 dinars lorsqu’elle ne fait pas appel public à l’épargne et à 50 000 dinars lorsqu’elle fait appel public à l’épargne. Sa constitution et son fonctionnement sont plus exigeants que ceux d’une SARL ou d’une SUARL.
Avant de rédiger les statuts, il faut déterminer si l’activité envisagée est libre, soumise à un cahier des charges ou conditionnée par une autorisation préalable.
Cette vérification est particulièrement importante dans les secteurs réglementés. L’utilisation du mot « startup » ne dispense pas la société des règles applicables à son activité réelle.
Le dossier peut ainsi nécessiter une autorisation, un agrément, une qualification professionnelle ou une inscription auprès d’un organisme sectoriel. Une fintech, une entreprise de transport ou une société intervenant dans un domaine réglementé ne suit pas nécessairement le même parcours qu’un éditeur de logiciel classique.
L’APII recommande d’effectuer cette vérification avant le dépôt du dossier. Une activité mal définie peut entraîner le rejet du dossier ou obliger l’entreprise à modifier ses statuts après sa création.
La première formalité consiste généralement à vérifier et à réserver la raison sociale ou le nom commercial auprès du Registre national des entreprises.
Le certificat de réservation permet de poursuivre les démarches avec la dénomination retenue. Selon les checklists publiées par l’APII en 2026, ce certificat est valable pendant six mois.
La réservation du nom auprès du RNE ne constitue toutefois pas une protection complète de la marque. Il est également utile de vérifier :
La protection de la marque relève d’une démarche distincte auprès de l’organisme compétent en matière de propriété industrielle.
Les fondateurs doivent ensuite déterminer l’adresse du siège social et fixer l’objet social.
Le siège peut notamment être établi dans un local loué, dans un immeuble appartenant à l’un des fondateurs ou auprès d’une structure proposant légalement un service de domiciliation.
Le justificatif dépend de la situation. Il peut s’agir d’un contrat de location enregistré, d’un titre de propriété, d’un engagement accompagné des documents requis ou d’un contrat de domiciliation conforme.
Tous les incubateurs et espaces de coworking ne proposent pas nécessairement un service de domiciliation juridiquement valable. Il faut donc vérifier que la structure choisie peut fournir les documents acceptés dans le dossier de constitution.
L’objet social doit décrire précisément les activités de la société tout en permettant l’évolution normale du projet. Il doit rester cohérent avec l’activité déclarée auprès de l’administration fiscale, les autorisations obtenues et les prestations facturées.
Pour une SARL ou une SUARL, la loi ne fixe plus de capital minimum général. L’article 92 du Code des sociétés commerciales dispose que le capital est fixé par l’acte constitutif. Son montant doit donc être déterminé par les fondateurs en fonction des besoins et de la situation du projet.
Le capital social ne constitue pas une dépense administrative. Les apports deviennent des ressources de la société, sous réserve des règles juridiques et comptables applicables.
Il est fréquent que la constitution d’une société soit présentée comme exigeant systématiquement le dépôt du capital sur un compte bancaire bloqué et la production d’une attestation bancaire.
Cette affirmation doit être nuancée. Les listes de documents publiées par l’APII en 2026 pour la constitution d’une SARL ou d’une SUARL ne mentionnent pas d’attestation bancaire parmi les pièces systématiquement demandées dans tous les dossiers.
Les modalités de libération et de justification des apports doivent être définies dans les statuts et vérifiées en fonction du montage retenu. Une banque peut également demander des documents spécifiques pour ouvrir un compte au nom de la société en cours de formation. Il convient donc de vérifier le traitement du dossier auprès de l’APII, du RNE, de la banque et, si nécessaire, d’un professionnel.
La répartition du capital peut tenir compte des apports financiers, du temps consacré au projet, des compétences, de la propriété intellectuelle transférée et de l’engagement attendu de chaque fondateur.
Un pacte d’associés peut compléter les statuts afin d’encadrer notamment le départ d’un fondateur, la cession des parts, la confidentialité, les décisions importantes et l’entrée de futurs investisseurs.
Les statuts constituent le document central de la société. Ils précisent notamment :
L’APII met à disposition des modèles de statuts pour les SARL, les SUARL et les SA. Ces modèles constituent une base de travail, mais ils doivent être adaptés à la situation réelle de l’entreprise.
Lorsque le capital comprend des apports en nature, par exemple du matériel, un brevet ou un actif technologique, une évaluation peut être nécessaire. Les checklists de l’APII prévoient notamment le dépôt d’un rapport de commissaire aux apports lorsque la valeur d’un apport en nature dépasse le seuil applicable.
Il faut également formaliser le transfert à la société des logiciels, marques, noms de domaine ou autres droits de propriété intellectuelle créés par les fondateurs avant la constitution de la société .
La société doit effectuer la déclaration d’existence propre à son activité afin d’obtenir sa carte d’identification fiscale. Dans le parcours présenté par l’APII, cette formalité précède l’immatriculation en ligne au RNE, effectuée après l’obtention de la carte d’identification fiscale, conformément à la checklist officielle de constitution d’une SARL ou d’une SUARL.
L’attestation de dépôt d’une déclaration de projet d’investissement n’est pas exigée de la même manière pour toutes les activités : elle ne s’applique pas aux sociétés de commerce et demeure optionnelle pour certaines sociétés industrielles ou de services. Sa nécessité doit donc être vérifiée selon le secteur et les incitations recherchées, conformément aux indications officielles de l’APII.
La liste exacte des documents varie selon la forme juridique, l’activité, la composition du capital et la nationalité des associés et des dirigeants.
Pour une SARL ou une SUARL, le dossier comprend généralement :
Des pièces supplémentaires peuvent être demandées en présence d’un associé ou d’un dirigeant étranger. Les formulaires et checklists doivent être consultés dans leur version en vigueur au moment du dépôt.
Le bénéficiaire effectif est la personne physique qui contrôle , directement ou indirectement, la société selon les critères applicables.
La déclaration correspondante n’est pas une formalité facultative. La loi n° 2018-52 relative au Registre national des entreprises prévoit que les informations relatives aux bénéficiaires effectifs doivent accompagner la demande d’immatriculation.
Selon la procédure RNE C 012 publiée par le Registre national des entreprises, l’immatriculation principale d’une SARL ou d’une SUARL coûte 50 dinars.
Cette redevance comprend l’immatriculation, la déclaration du ou des bénéficiaires effectifs et la publication au bulletin officiel du Centre.
La demande doit être présentée dans les 30 jours suivant la signature des statuts. Ce délai correspond à la période accordée pour déposer la demande, et non à une estimation du temps total nécessaire à la préparation et à la constitution de la société.
En cas de dépôt tardif, la loi prévoit une pénalité calculée pour chaque mois ou fraction de mois de retard. Il est donc préférable de préparer les pièces fiscales, le justificatif du siège social et la déclaration du bénéficiaire effectif avant de signer définitivement les statuts.
Les frais de constitution varient selon la forme juridique, le siège, la nature des actes et l’accompagnement choisi.
| Poste | Montant ou nature |
| Capital minimum SARL/SUARL | Montant fixé dans les statuts ; il ne constitue pas un frais administratif. |
| Immatriculation au RNE | 50 TND |
| Réservation de la dénomination | Selon le tarif en vigueur |
| Enregistrement des actes | Variable selon le dossier |
| Location ou domiciliation du siège | Variable |
| Rédaction ou adaptation des statuts | Variable selon l’accompagnement |
| Rapport sur les apports en nature | Variable lorsqu’il est nécessaire |
| Autorisation sectorielle | Variable selon l’activité |
| Accompagnement comptable ou juridique | Variable |
Les frais liés à une candidature au label Startup ne sont pas inclus dans ce tableau, car la labellisation est une procédure distincte de la constitution juridique.
Il n’existe pas de durée unique applicable à tous les projets. Le calendrier dépend notamment :
L’examen de la recevabilité proposé par l’APII peut permettre d’identifier les pièces manquantes avant le dépôt définitif.
Après son immatriculation, la société doit continuer à respecter ses obligations administratives, comptables, fiscales et sociales. Elle doit notamment :
Les principales erreurs susceptibles de retarder ou de fragiliser la constitution sont :
La SUARL est généralement adaptée à un projet porté par un associé unique. Le choix doit néanmoins tenir compte de l’activité, du financement recherché et de l’évolution prévue de la société.
Non. La législation tunisienne ne fixe plus de capital minimum général pour une SARL ou une SUARL. Le capital est librement fixé dans les statuts et son montant doit être adapté aux besoins de l’activité.
Pas systématiquement. Les checklists APII actualisées en 2026 ne mentionnent pas l’attestation bancaire parmi les pièces exigées pour tous les dossiers de constitution d’une SARL ou d’une SUARL. Les modalités de libération et de justification des apports doivent néanmoins être vérifiées selon les statuts, la nature des apports et les exigences de la banque choisie.
Non. Les 50 dinars correspondent uniquement à la redevance d’immatriculation principale au RNE. D’autres dépenses peuvent s’ajouter, notamment pour la réservation de la dénomination, le siège social, l’enregistrement de certains actes, les autorisations sectorielles ou l’accompagnement professionnel.
La procédure RNE C 012 prévoit que la demande d’immatriculation d’une SARL ou d’une SUARL doit être déposée dans les 30 jours suivant la signature des statuts.
Écrit par: Radio Express FM