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Express Radio Le programme encours
Créer une startup en Tunisie en 2026 s’inscrit dans un cadre structuré par l’initiative nationale Startup Tunisia, sur les plans juridiques et institutionnels. Celle-ci comprend un dispositif de labellisation, des programmes d’accompagnement et plusieurs mécanismes visant à développer le capital-risque.
Ce guide présente les composantes de l’écosystème, les critères du label et les ressources disponibles.
Une startup se distingue d’une entreprise classique par sa recherche d’un modèle économique reproductible et scalable, porté par l’innovation.
Le terme « startup » est souvent employé de manière imprécise, y compris par des porteurs de projet eux-mêmes. Une entreprise nouvellement créée n’est pas automatiquement une startup. En Tunisie, elle doit présenter un modèle économique innovant à fort potentiel de croissance et obtenir le label Startup pour être considérée comme telle au sens de la loi.
En Tunisie, la loi n° 2018-20 du 17 avril 2018 considère comme startup toute société commerciale constituée conformément à la législation en vigueur et ayant obtenu le label startup.
Pour être éligible, la société doit respecter cinq critères cumulatifs : avoir moins de huit ans d’existence, employer moins de 100 salariés, ne pas dépasser 15 millions de dinars de chiffre d’affaires annuel ou du total du bilan, être détenue à plus de deux tiers par des personnes physiques ou des organismes d’investissement réglementés, et présenter un modèle économique innovant à fort potentiel de croissance. Le détail de chaque critère est présenté dans notre guide dédié à la Startup Act en Tunisie.
La validité du label ne peut pas excéder huit ans à compter de la date de constitution de la société. Une entreprise qui obtient son label plusieurs années après sa création ne bénéficie donc pas automatiquement de huit années supplémentaires.
Depuis 2018, la Tunisie dispose d’un cadre juridique dédié aux entreprises innovantes à fort potentiel de croissance. Le Startup Act prévoit des avantages pour les startups labellisées, ainsi que pour leurs fondateurs et investisseurs.
Le pays compte également des établissements d’enseignement supérieur et des écoles d’ingénieurs qui forment des profils techniques. Sa proximité avec l’Europe, son ouverture sur les marchés africains et arabes ainsi que l’importance de sa diaspora peuvent favoriser le développement de projets à dimension internationale.
Ces éléments créent un environnement favorable, sans garantir l’obtention du label ni la réussite commerciale. Pour obtenir le label Startup, la société doit respecter les critères juridiques, d’innovation et de potentiel de croissance prévus par la réglementation. Sa réussite dépend aussi de la présence d’un marché, des aptitudes de l’équipe et de la viabilité du modèle économique.
Selon les données publiées par le CEPEX, la Tunisie comptait, en avril 2026, plus de 1 450 startups, dont 1 165 entreprises titulaires du label Startup et 17 scale-ups.
Il faut distinguer les deux chiffres : le chiffre global couvre l’ensemble des startups recensées dans l’écosystème, tandis que les avantages du Startup Act sont réservés aux sociétés ayant obtenu le label définitif.
L’initiative nationale Startup Tunisia s’articule autour de trois piliers complémentaires.
Le Startup Act constitue le pilier juridique. Il encadre l’attribution du label Startup et les avantages accordés aux entreprises labellisées, à leurs fondateurs et à leurs investisseurs.
Startup Ecosystem soutient les structures de soutien aux startups, appelées SSO. Ce pilier comprend notamment le réseau des partenaires officiels et le programme Flywheel, qui propose différents instruments destinés aux projets, aux startups et aux SSO elles-mêmes.
Startup Invest est consacré au développement du capital-risque. Il s’appuie notamment sur le fonds de fonds Anava, géré par Smart Capital, dont l’objectif est d’investir dans des fonds capables de financer les startups à plusieurs stades de développement.
Selon la CDC, Anava affichait, en mars 2025, une taille cible de 100 millions d’euros et un premier closing de 60 millions d’euros, dont 40 millions souscrits par la CDC grâce à un financement de la Banque mondiale et 20 millions par la KfW. Le portail Startup Tunisia présente désormais une cible portée à 200 millions d’euros, destinée à alimenter plus de 13 fonds d’investissement.
Plusieurs fonds soutenus par Anava affichent toutefois des priorités sectorielles précises. New Era Fund I cible notamment l’intelligence artificielle, les biotechnologies et les technologies vertes. GO LIVE Fund vise l’agritech, la cleantech, les biotechnologies, la healthtech et la cybersécurité. La fintech et l’edtech sont également représentées dans les programmes et les données de l’écosystème Startup Tunisia. Le tableau suivant présente ces différents secteurs ainsi que quelques exemples de besoins et d’applications.
| Secteur | Besoins et applications possibles |
| Intelligence artificielle | Automatisation, analyse de données et services numériques |
| Cybersécurité | Protection des systèmes, des données et des transactions |
| Fintech | Paiement numérique et services financiers |
| Agritech | Gestion de l’eau, suivi des cultures et amélioration des rendements |
| Healthtech et biotech | Santé numérique, dispositifs médicaux et biotechnologies |
| Greentech et cleantech | Énergie, économie des ressources et transition écologique |
| Edtech | Formation numérique et solutions éducatives |
Cette liste n’est ni exhaustive ni une garantie de financement. La qualité du produit, la taille du marché, la traction commerciale et l’expérience de l’équipe restent déterminantes pour les investisseurs.
Le label Startup ouvre l’accès à plusieurs avantages fiscaux, sociaux, financiers et administratifs, résumés dans le tableau suivant.
| Avantage | Portée générale |
| Exonération de l’impôt sur les sociétés | Applicable pendant la validité du label |
| Cotisations sociales | Prise en charge par l’État des cotisations patronales et salariales au régime légal de sécurité sociale |
| Compte spécial en devises | Alimentation et utilisation selon les opérations prévues par la loi et les circulaires de la BCT |
| Carte technologique | Plafond porté à 100 000 dinars par an |
| Opérateur économique agréé | Facilités liées aux procédures douanières, selon le cadre applicable |
| Dépôt national de brevet | Formalités et frais pris en charge selon la procédure prévue |
| Dépôt international de brevet | Prise en charge possible dans la limite des ressources disponibles et après évaluation |
| Congé pour création de startup | Une année, renouvelable une fois, sous les conditions fixées par la loi |
| Bourse Startup | Aide accordée pendant une année à trois fondateurs-actionnaires au maximum, sous conditions |
L’article 11 de la loi prévoit également qu’une personne nouvellement diplômée, légalement éligible aux programmes publics d’emploi et créant une startup, conserve son droit à ces programmes pendant une durée maximale de trois ans à compter de l’obtention du label.
Le choix d’une structure d’accompagnement dépend du secteur, de la région, du niveau de maturité du projet et du type de soutien recherché : pré-incubation, création d’un POC, incubation, accélération, accès au marché ou préparation à une levée de fonds.
La liste des structures partenaires officielles de Startup Tunisia comprend notamment Flat6Labs, Betacube, Connect’Innov, CoStarT, RedStart, Novation City, Wiki Startup et plusieurs structures régionales.
Smart Capital doit être distinguée de ces incubateurs et accélérateurs. Il s’agit d’une société de gestion agréée par le Conseil du marché financier et l’opérateur national chargé de la mise en œuvre de Startup Tunisia.
Avant de candidater, le porteur de projet doit vérifier que le programme correspond à son secteur, au niveau de maturité de son projet et au type d’accompagnement recherché. Il doit également examiner les critères de sélection et les conditions de participation.
Plusieurs erreurs peuvent fragiliser un projet dès ses premiers mois.
Parmi les pièges les plus courants : se lancer sans validation de marché réelle, sous-estimer le temps nécessaire à l’obtention du label Startup, confondre une idée séduisante avec un modèle économique viable, négliger la structuration juridique dès les premiers mois, et viser une levée de fonds trop tôt, avant même d’avoir démontré une traction commerciale suffisante.
Il faut également éviter de considérer le label Startup comme une validation commerciale. Le label reconnaît le respect de critères juridiques, d’innovation et de scalabilité, mais ne garantit ni la demande du marché, ni le financement, ni la rentabilité de l’entreprise.
Le parcours commence par l’identification d’un problème, la validation du marché et la définition du modèle économique. L’équipe développe ensuite un MVP, recherche ses premiers clients et choisit une forme juridique adaptée.
La société peut alors candidater au label Startup, rechercher les financements correspondant à son niveau de maturité, recruter et préparer son développement international. Ce parcours est détaillé dans notre guide consacré aux étapes de création d’une startup en Tunisie.
En avril 2026, le ministre des Technologies de la communication a indiqué que son département travaillait à l’élaboration d’un nouveau projet de loi intitulé « Startup Act 2.0 ». Les orientations annoncées concernent notamment l’accès au financement, l’adaptation du cadre réglementaire aux évolutions de l’écosystème et le renforcement de l’attractivité de la Tunisie au bénéfice des startups et des entreprises innovantes.
Le Startup Act 2.0 n’est donc pas encore entré en vigueur. Le cadre juridique applicable demeure notamment celui de la loi nº 2018-20 et du décret gouvernemental nº 2018-840.
Le Startup Act est un cadre juridique dédié aux startups. Il repose principalement sur la loi n° 2018-20 du 17 avril 2018, le décret n° 2018-840 et les circulaires n° 2019-01 et 2019-02 de la Banque centrale de Tunisie.
Pas nécessairement. Sa validité ne peut pas excéder huit ans à compter de la constitution de la société. Une entreprise déjà âgée de plusieurs années au moment de la labellisation ne bénéficie donc pas automatiquement de huit années supplémentaires.
La société doit notamment respecter les critères d’âge, de taille et d’indépendance du capital. Elle doit également présenter un modèle économique innovant et une activité à fort potentiel de croissance.
Non. Le pré-label permet au porteur de projet de disposer de six mois pour constituer sa société. Il ne donne pas accès aux avantages réservés aux startups titulaires du label définitif.
Non. Le Startup Act 2.0 est présenté comme un projet en cours d’élaboration. Le cadre juridique de 2018 reste applicable.
Écrit par: Radio Express FM